Vaincre l’insalubrité, l’incivisme et les incivilités

L’insalubrité, l’incivisme et les incivilités règnent en maître dans tout le pays et à Dakar en
particulier. Ils rendent notre capitale de moins en moins vivable. Certains de nos amis
étrangers, d’Afrique et d’ailleurs, surtout ceux qui ont connu Dakar, il y a 30 ou 40 ans, nous
le font remarquer avec toute la délicatesse qui sied à l’amitié et à tout l’amour qu’ils ont
pour notre ville. Nous le reconnaissons non sans honte et gêne.
Mais, la dégradation du cadre de vie à Dakar ne peut être une fatalité. Le Président de la
République, plus haute autorité de l’Etat, semble l’avoir compris ainsi, depuis sa réélection.
D’autres voix moins autorisées sans doute, et portant assurément moins loin, moins fort et
moins haut, n’ont cessé depuis de longues années de crier leur colère face à l’insalubrité et
au désordre généralisé à Dakar. Pour ma part, j’ai joint ma voix à ces cris en signant un
article paru dans Le Soleil du 9 décembre 2015 : “La Splendeur Perdue de Dakar ”
L’Etat a, sans doute, entendu les cris de colère des Dakarois. Le Président de la République a
lui même estimé que le laisser-aller à Dakar a trop duré. Alors, en guise de contribution,
nous tentons ci-après de lister les maux les plus visibles, qui frappent Dakar.

1) Des villes sénégalaises pas toujours propres
Les villes sénégalaises ne sont ni propres, ni salubres. Les entrées et les sorties de beaucoup
de nos agglomérations se singularisent par le spectacle repoussant de tas d’immondices et
de sacs plastiques. A certains endroits, nos rues sont de mini-décharges de déchets.
Cependant, nos villes ne sont-elles pas finalement ce que, nous, populations et autorités, en
avons fait.
Quelles solutions ?
Ce spectacle désolant qu’offrent nos villes est la conséquence de l’absence de politique de
traitement des déchets ménagers, de moyens techniques, financiers et managériaux dignes
d’un pays aspirant à la modernité dans la gestion des hommes et des choses, y compris la
gestion de ses déchets. La responsabilité incombe à l’Etat et aux Collectivités locales. Ils
doivent aux Sénégalais, au moins, l’installation d’usines de valorisation et de traitement des
déchets ménagers dans les différentes régions du pays.

2) Des populations pas toujours propres également
A Dakar, au Sénégal, il n’est pas rare de voir quelqu’un jeter en pleine rue ou sur la chaussée,
en toute innocence, des épluchures d’orange, une peau de banane, des coques d’arachide,
un mouchoir en papier usagé, un sachet ou un gobelet en plastique …. Ce quelqu’un n’est
pas un extra-terrestre, c’est un Dakarois ou un Sénégalais qui, par ailleurs, ne cesse de
maugréer contre la saleté de notre capitale et de notre ville. Pourtant, lui-même, comme
des milliers d’autres, y contribue.
Quelles solutions ?
Il faut au moins faire ce que font toutes les métropoles modernes, lorsqu’elles se battent
pour la propreté de l’espace public, c’est à dire :
Informer et sensibiliser : Les Pouvoirs Publics et les collectivités locales doivent
engager une large campagne de sensibilisation citoyenne à la propreté. Les media
devraient pouvoir contribuer à cette campagne dans le cadre de leur politique de
responsabilité sociale des entreprises. Ailleurs, les campagnes d’information et de
sensibilisation sont permanentes ; chez nous, elles sont inexistantes.
Mettre et organiser les moyens : L’Etat et les collectivités locales doivent mettre en
place les moyens humains et matériels pour combattre la saleté de l’espace public,
notamment en interdisant, comme au Rwanda, la fabrication, l’utilisation et la vente
des articles en plastique à usage unique et par conséquent jetables, en installant des
corbeilles-poubelles dans les principales avenues et places publiques, en faisant
ramasser régulièrement les ordures dans toutes les villes du pays, en installant des
toilettes publiques payantes dans la ville, notamment dans toutes les stations-
services, en réanimant le Service d’Hygiène pour qu’il puisse sanctionner ceux qui
salissent et dégradent l’espace public. Il me paraît nécessaire d’associer, sans
contrainte, le secteur privé à tout ce qui touche à la propreté et à l’embellissement
de nos villes. D’ailleurs, pour ce qui est de l’entretien, la propreté et l’embellissement
de la Place de l’Indépendance, place aussi chère au cœur des Dakarois, que l’est
Times Square à celui des New Yorkais, Les Champs Elysées à celui des Parisiens,
Piccadilly Circus à celui des Londoniens, une association regroupant des acteurs du
secteur privé (personnes physiques et personnes morales) devrait les prendre en
charge, pour pallier l’inefficacité des acteurs publics ou municipaux.
– Sanctionner : Comme dans toutes les grandes métropoles et comme cela se faisait
déjà au Sénégal dans les années 60, l’organe en charge de promouvoir la propreté et
la salubrité, le Service d’Hygiène par exemple, doit être en mesure d’infliger des
amendes aux auteurs d’incivilités. Il faut savoir, à titre d’exemples, qu’un crachat
dans la rue entraîne une amende 100 francs suisse (57 656 FCFA) à Lausanne, un jet
de mégot une amende de 68 Eur (44605 F CFA) à Paris ; un dépôt de déchets, une
amende de 450 Euros (295 181 F CFA) à Toulouse ; le fait d’uriner dans la rue, 200
francs suisses 515 302 F CFA) à Genève ; le fait de jeter des ordures le long de la
route par la fenêtre de sa voiture, 450 (295 181 F CFA) euros en France ; un tag, une
amende de 3750 Euros (2 459 839) en France.
– Organiser périodiquement des opérations de grand nettoyage : le Rwanda est
l’exemple qui devrait inspirer tous les pays qui veulent vaincre la saleté et
l’insalubrité de leurs villes ; en effet, tous les Rwandais âgés de 18 à 60 ans sont
obligés de consacrer la matinée du dernier samedi de chaque mois à des travaux
d’intérêt généraux, dont la collecte des déchets dans les villes et le nettoyage des
rues. La capitale rwandaise organise également une fois par mois la journée sans
voiture, afin de promouvoir l’exercice physique.

3) Des rues mangées par le sable
Les rues dakaroises ont une particularité surprenante pour une capitale moderne : elles sont
toutes envahies partiellement par le sable. Certes, la ville de Dakar est construite sur un site
sablonneux, mais cela n’explique pas tout. A Dakar, on a la tendance incompréhensible
d’édifier des quartiers résidentiels en faisant souvent l’impasse sur le revêtement des rues et
des trottoirs. D’ailleurs, aussi surprenant que cela puisse être la quasi totalité des rues d’un
des quartiers résidentiels les plus huppés de Dakar, Les Almadies, sont sablonneuses.
Comprenne qui pourra !
Quelles solutions ?
– Prévoir un programme d’asphaltage de toutes les rues de la ville de Dakar ;
– Prévoir un programme de pose d’un revêtement sur les trottoirs ;
– Rendre obligatoire l’asphaltage des rues dans tout nouveau projet immobilier dans la
région de Dakar ;

4) Des commerces, petits et moins petits, partout
Les petits commerces, vendeurs de tout, occupent les trottoirs, la chaussée et les ronds-
points, gênant la mobilité des piétons et des automobilistes et surtout constituant de graves
facteurs d’insécurité routière.

Quelles solutions ?
Il importe que la puissance publique mette fin, après concertation et avertissement
préalable, à l’occupation des rues, carrefours et trottoirs par des commerces fixes ou
ambulants. Il y va de la qualité du cadre de vie dans nos agglomérations. L’Etat et les
Collectivités locales devraient en même temps édifier de nouveaux marchés en banlieue
dakaroise.

5) Des artères importantes occupées par des marchés
Certaines artères de Dakar, parmi les plus fréquentées par les automobilistes, sont envahies
par de véritables marchés permanents ou hebdomadaires, rendant la circulation à Dakar
plus difficile.
C’est le cas de l’avenue Faidherbe, de la Route du Front de Terre et du Boulevard de la
Gueule Tapée et de bien d’autres.
Quelles solutions ?
Compte tenu des embouteillages sévères que connaît à tout moment de la journée une ville
comme Dakar, il est d’une nécessité absolue de restituer 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, la
chaussée aux voitures et les trottoirs aux piétons. Il appartient aux autorités nationales et
locales de trouver des emplacements fixes de marchés pour les vendeurs concernés.

6) Des ateliers partout, y compris au milieu des habitations
A Dakar, depuis quelques années, on voit pousser, dans les quartiers d’habitation,
notamment à la Médina, des ateliers de réparation automobile, de menuiserie bois ou
métallique ou de tôlerie, au mépris de la loi et des règles élémentaires en matière de
sécurité et d’installation de ces types d’activité. Ce n’est pas acceptable, au nom de la
sécurité, de l’ordre et de la quiétude des habitants.
Quelles solutions ?
Il faut dans un court délai sortir des quartiers d’habitation tous les ateliers à risque et ceux
porteurs de nuisances sonores et les installer dans une sorte de domaine des métiers, en
s’inspirant de ce qui a été fait pour la SODIDA dans les années 70.

7) Les Stations informelles de lavage de voitures dégradent la chaussée
Un peu partout, sur des artères les plus fréquentées et sur les ronds-points, poussent des
stations informelles de lavage de voitures, qui ont le triple inconvénient de gêner la
circulation déjà difficile à Dakar, de dégrader la chaussée avec l’effet combiné de l’eau et des
produits utilisés et d’entretenir une concurrence déloyale envers les stations de lavage de
voiture régulièrement constituées.
Quelles solutions ?
L’Etat doit, à la fois, inciter à l’ouverture de stations de lavage de véhicules modernes et
interdire les stations informelles de lavage installées au bord des routes. Le vivre-ensemble
donne des droits, il impose aussi des devoirs.

8) Des taxis clandestins de plus en plus nombreux
Le désordre généralisé gagne aussi le secteur du transport public. Hier, les cars urbains ne
s’arrêtaient pas en pleine rue et respectaient peu ou prou les arrêts prévus pour la descente
et la montée des passagers. Aujourd’hui, ils s’arrêtent où ils veulent. Hier les taxis avaient
une licence délivrée par le Ministère en charge du transport et un taximètre pour
déterminer le prix de la course. Le taximètre a disparu depuis longtemps ; la licence de taxi
existe encore, mais un certain nombre de taxis s’en dispensent. Les taxis irréguliers appelés
“clandos”, qui, à vue d’œil, sont en train de supplanter les taxis réguliers de couleur jaune et
noire, n’ont ni licence, ni taximètre ; ils n’ont été habilités par aucune autorité et ils sont
souvent des épaves, qui constituent un danger public pour leurs passagers. Ils remplissent
sans doute une fonction économique et sociale que le système de transport régulier ne
remplit pas. Mais une métropole comme Dakar, qui aspire à la modernité ne peut pas laisser
un pan significatif de son système de transport urbain dans l’irrégularité.
Quelles solutions ?
Dans le secteur du transport public, L’Etat a le devoir de régler deux questions majeures :
– Mettre fin à la situation d’irrégularité des taxis “clandos”, soit en les interdisant
fermement, soit en créant une licence de taxi collectif et en l’octroyant à ceux qui
sont aptes techniquement ;
– Faire procéder au renouvellement en profondeur du parc de véhicules de transport
véhicule, constitué d’épaves à tous les niveaux (cars rapides, cars tata, taxis jaunes et
noirs, taxis “clandos”). L’état de vétusté des taxis et des cars de transport est indigne
de Dakar, jadis ville-phare en Afrique de l’ouest.

9) Des gares routières partout
L’accroissement exponentiel des taxis “clandos” et le développement des cars interurbains
ont entraîné la multiplication des stations de taxis “clandos” et des gares routières
irrégulières, ce qui accroit les embouteillages et l’insécurité routière à Dakar et renforce
l’image de désordre que renvoie notre capitale.
Quelles solutions ?
Sur ce point, il ne peut y avoir ni compromis, ni compromission, l’Etat devant mettre fin,
sans délai, aux stations et gares routières irrégulières qui essaiment dans la ville.

10) Les cérémonies privées occupent la voie publique au détriment des voitures
Ce ne sont pas seulement les marchés qui ont chassé les voitures de chaussée, ce sont
également les cérémonies familiales privées (baptêmes, mariages, cérémonies religieuses
…). Hier, dans les années 60 et 70, l’occupation de l’espace public était très réglementée et
devait faire l’objet d’autorisation administrative. A l’époque, les Sénégalais respectaient les
lois et les règlements ; aujourd’hui, ce n’est plus le cas pour beaucoup d’entre eux,
notamment pour les occupants irréguliers de la voie publique, qui ne jugent plus utile de
demander une autorisation administrative.
Quelles solutions ?
Sur ce point aussi, il ne peut y avoir ni compromis, ni compromission, l’Etat devant mettre
fin, sans délai, aux occupations anarchiques des rues, artères et avenues pour des
cérémonies privées (baptêmes, mariages, cérémonies religieuses …). L’occupation de
l’espace public à titre privé, doit faire l’objet d’une autorisation accordée par une autorité
compétente. Ça se faisait avant.

11) Les piétons chassés des trottoirs par les véhicules en stationnement
A Dakar, les piétons ne sont pas chassés des trottoirs uniquement par les commerces et les
vendeurs, mais aussi par les véhicules en stationnement. Les trottoirs sont devenus des
parkings et les piétons sont rejetés sur la chaussée à leurs risques et périls, sans que cela
n’émeuve une quelconque autorité.
Quelles solutions ?
A terme, il faut sans aucun doute rendre les trottoirs aux piétons en les débarrassant des
voitures, des commerces et des terrasses de restaurant exagérément larges. Dans
l’immédiat, nul ne peut nier qu’il y a un manque notoire de places de parking à Dakar. La
question de l’entrée et du stationnement des véhicules dans le quartier du Plateau doit être
traitée, comme ce l’est dans toutes les grandes villes. La faisabilité d’un grand parking
souterrain sous la place de l’Indépendance gagnerait à être étudiée, si ce n’est pas encore
fait.

12) La divagation incompréhensible d’animaux domestiques à Dakar
A Dakar, une des capitales les plus prestigieuses d’Afrique de l’ouest, il est coutume de voir
des animaux domestiques, des vaches, des chèvres et des chiens, errer dans la ville, passant
de quartier à quartier, sans aucune réaction des autorités compétences et sans que cela soit
accepté au nom d’une quelconque croyance ancestrale, comme dans l’Inde bouddhiste.
Quelles solutions ?
Sur ce point aussi, il ne peut y avoir ni compromis, ni compromission, l’Etat devant mettre
fin, sans délai, à la divagation des animaux domestiques, et plus particulièrement celle des
vaches dans les rues, artères et avenues de la ville.

13) L’indiscipline notoire des automobilistes
L’automobiliste sénégalais est notoirement indiscipliné. Cette indiscipline se manifeste de
mille et une manières :
– Arrêts anarchiques et intempestifs des véhicules, surtout les taxis, réguliers et
irréguliers, et cars de transport, au milieu de la chaussée, bloquant momentanément
la circulation ;
– Non-respect incompréhensible de l’obligation de s’arrêter aux feux de
circulation tricolores par les vélos et les motocyclistes, usagers de la route pourtant
les plus fragiles ;
– Circulation de plus en plus fréquente de véhicules sans plaque d’immatriculation, une
infraction absolue au code de la route, tout véhicule roulant devant être identifié.
Quelles solutions ?
– Sur ce point aussi, il ne peut y avoir ni compromis, ni compromission, l’Etat devant
mettre fin, sans délai, au piétinement des règles de la circulation, constaté
quotidiennement sur les routes sénégalaises ; pour cela, il faut sensibiliser les
conducteurs et sanctionner sévèrement.

14) Le retour des véhicules hippomobiles et des pousse-pousse d’antan
Il y a à Dakar, au cœur de ville, comme une impression d’accroissement considérable des
véhicules hippomobiles, des pousse-pousse et des “taxis-bagages”. C’est un signe de la forte
résurgence de l’informel dans la capitale sénégalaise, alors qu’on aurait pu penser que le
développement s’accompagne de la consolidation des secteurs formels et du respect des
règles.
Quelles solutions ?
Tout en reconnaissant les fonctions économique et sociale que remplissent les véhicules
hippomobiles, les pousse-pousse et les “taxis-bagages”, dans des villes où l’informel a
encore droit de cité, il n’est pas acceptable de les laisser envahir Dakar. Aussi, il me paraît
urgent de :
– Interdire les véhicules hippomobiles dans la ville de Dakar, car ils y constituent de
véritables dangers publics, compte tenu de l’intensité de la circulation automobile ;
– N’autoriser les pousse-pousse qu’aux abords des marchés ;
– Soumettre l’activité de “taxis-bagages” à la délivrance d’une licence, pour contenir la
prolifération désordonnée de cette activité.

15) Des infrastructures permanemment dégradées
Certains quartiers de Dakar connaissent une dégradation parfois longue et toujours
répétitive de la voirie et des canalisations, indisposant les usagers et les citoyens. Ni
l’entretien permanent des infrastructures, ni l’intervention rapide en cas de besoin, ne sont
des pratiques courantes au Sénégal. Aussi, les nids de poule et les canalisations qui
vomissent leurs eaux usées fétides font partie du lot quotidien de beaucoup de Dakarois. Pourtant, nous savons tous, avec la théorie de la vitre brisée (*) popularisée dans les années 1980 et 1990, qu’une petite dégradation de l’espace public non réparée entraîne nécessairement d’autres petites dégradations et cumulativement une dégradation générale importante.

Quelles solutions ?
– Mettre en ligne une application permettant aux Sénégalais d’informer en ligne les
services publics concernés de toute défaillance au niveau des infrastructures
urbaines (assainissement, voirie, eau, électricité, téléphone ….) et de suivre l’état
d’évolution des réparations ;
– Fixer des objectifs de délai ferme d’intervention aux services concernés. Pour les
services en charge de l’assainissement, les interventions doivent se faire dans les 12
heures après la déclaration de la défaillance. Aujourd’hui, les pauvres populations
cohabitent avec les eaux usées puantes pendant plusieurs jours ou semaines, sans
intervention ; pour les nids de poule, elles attendent plusieurs mois ou années.

16) La pollution par les gaz d’échappement
Dakar est une ville très polluée. Toutes les formes de pollution (de l’air, des océans, du sol),
toutes préjudiciables à la santé des populations, touchent notre capitale. Elles sont de notre
fait. La pollution par les gaz d’échappement l’est plus que toutes les autres ; elle est cause
des affections respiratoires sévères, comme les bronchopneumopathies et la pneumonie ;
elle relève de nos mauvaises pratiques.
Quelles solutions ?
– Manifestation par l’Etat de sa volonté de combattre la pollution sous toutes ses
formes, notamment celles causées par la négligence humaine ;
– Sensibilisation et information des automobilistes, sur les méfaits de la pollution sur la
santé ;
– Mise en place de mesures technologiques et administratives favorables à la
protection de l’environnement ;
– Répression des automobilistes ouvertement pollueurs en appliquant une taxe
annuelle additionnelle aux véhicules qui dépasse un niveau tolérable de gaz
d’échappement ; en verbalisant sans faiblesse les véhicules laissant échapper une
quantité de fumée, dépassant la norme fixée ; en déclarant inaptes à la circulation les
véhicules dont les propriétaires refusent de se conformer aux normes techniques
édictées.

17) La pollution sonore, un mal dakarois
Le Dakarois est permanemment agressé par le bruit, en particulier par les coups de klaxon
intempestifs et excessivement stridents des automobilistes, le ronflement des machines des
ateliers installés au milieu des habitations, les décibels des appareils hi-fi au marché.
Quelles solutions ?
– Sauf danger immédiat, interdire en ville, y compris dans les embouteillages, comme
dans beaucoup de pays, le klaxon afin de respecter la tranquillité des citoyens.
– Interdire les activités professionnelles bruyantes dans les quartiers d’habitation.
Tout compte fait, l’insalubrité, l’incivisme et les incivilités qui sévissent à Dakar et partout
ailleurs au Sénégal sont alimentés par deux mamelles : l’ignorance des populations et la
démission des autorités. Le Rwanda a montré à tous que, en matière d’amélioration du
cadre de vie, comme dans toute autre matière, “là où il y a une volonté, il y a un chemin”.

Mamadou SENE

 

(*)La théorie de la fenêtre brisée (Broken window theory) est née d’un article de James Q. Wilson, professeur de science politique à l’université de Californie, et George L. Kelling, professeur de criminologie à l’université de Rutgers dans le New Jersey, paru en 1982 dans une revue grand public sous le titre “Broken windows. The police and neighborhood safety”. La théorie est développée en 1996 dans un ouvrage coécrit par Georges Kelling “Restoring Order and Reducing Crime in Our Communities”.

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